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The Amplifetes – The Amplifetes

The Amplifetes – The Amplifetes

Ce n’est plus tout jeune, mais on s’en fiche, c’est cool.
Si on décompose le nom, on obtient deux mots : « ampli » et « fête ». Il doit forcément y avoir un rapport avec les sonorités qui me rappellent de nombreuses soirées d’adolescence. La température extérieure se réchauffe, alors autant nous réchauffer nous aussi.

Si on ne comprend pas trop où l’intro nous embarque, elle nous fait atterrir directement sur nos pieds dans un sous sol avec Somebody New. Ces sous sols de maison où on a tous descendu nos bières et autres alcools « doux » en secouant nos têtes et balladant nos bras sur le rythme des batteries. On tape bien fort du pied comme pour rebondir et réussir à se barrer d’ici, parce que c’est sympa les soirées dans les garages des copains mais de temps en temps on aimerait bien rencontrer quelqu’un de nouveau, quelqu’un d’autre que tous ceux qu’on connait déjà. Enfin en attendant, on continue à taper du pied et du poing.

Non pas comme les Forbans, mais plutôt comme un rituel mystique qui nous suivra dans nos sauteries pendant de nombreuses années. Blinded by the Moonlight, la plus connue de l’album, me fait un peu penser à la suite logique des soirées garage jeudelabouteillesmirnoffice. Les premières soirées à sortir, vraiment. L’éblouissement des lumières de la vie nocturne, comme si on renaissait, à rentrer chez soi à l’aube, un peu imbibé mais pas trop non plus, pour ne pas réveiller papa et maman. Le clair de lune nous accompagne dans notre aventure et même s’il nous rend aveugle, on sait que tant qu’il est là, la soirée peut continuer.

Maxine contrebalance les soirées, calme le jeu. On assiste là simplement à la fuite d’une mère de sa vie monotone. Tu m’étonnes qu’elle en ai marre, cuisiner, être polie, être jolie, être parfaite en suivant parfaitement le rythme de la batterie et la vitesse de la guitare, ça doit être fatiguant.

Alors la mère de famille a décidé de se lâcher un peu. Elle remplace le tablier par la robe qu’elle n’arrive plus à mettre depuis ses vingt ans et hop, elle emmerde le monde. À coup de vodka martini tequila, on ne la contrôle plus. Pourquoi a t il fallu qu’elle se restreigne de si longues années? Un peu de rythme saccadé, une voix un peu électrique et voilà le résultat. Faut dire aussi, cette voix, on la croirait si près de nous, si réconfortante, elle s’est simplement laissée embarquée. Fokkers.

It’s My Life. Vous me direz, c’est vrai elle fait bien ce qu’elle veut. Autant la voix de tout à l’heure pouvait donner envie de s’abandonner à la fête, autant celle-ci oppresse, angoisse, comme une ombre qui plane au dessus des fêtards. Un rythme frénétique en alternance, histoire de nous laisser respirer, mais pas pour longtemps. Cinq secondes de pause et on replonge dans l’angoisse de la nuit.

A Million Men sont autour de nous, notre vue est un peu endommagée, mais nous voilà entouré d’une réelle parenthèse. On ne sait plus trop ce qu’il s’est passé pendant les cinq minutes précédentes, qui on a pu rencontrer, mais à cet instant précis, on est dans un taxi, au chaud, dans des bras que l’on connaît. Ces bras qui nous entourent comme l’atmosphère si apaisante de ce morceau, qui nous font comprendre qu’on peut se laisser aller maintenant, que tout va bien se passer. Alors on se laisse flotter dans cette bulle si parfaite, si évidente. C’était comment avant déjà?

When The Music Died on a tout oublié ou presque. Des effluves de parfums, des flash back, un sacré mal de tête. On est bien là, posé dans un sofa, mais quelque chose dans cette chanson nous maintien éveillé, comme pour nous forcer à se souvenir de ce moment de flottement, d’apaisement. Apaisé, c’est le mot en écoutant ce morceau. Tout dans cette musique créé une ambiance détendue, cool, relaxante, qui donne juste envie de remuer légèrement les épaules.

Whizz Kid nous redonne un souffle d’espoir. Avec un air (avant l’heure) de certains morceaux des Black Keys, on est reparti pour une nouvelle aventure à dix mille kilomètres heures. Encore mieux qu’un grand huit, on sent l’adrénaline monter en nous à l’approche de l’échéance. Le voilà. C’est un peu comme si on était piégé face à tout ce qu’on ressentait la nuit d’avant, tout nous revient à la figure et c’est un bizarre mélange entre la confiance en soi et l’envie de se pisser dessus.

There She Walks, ou le retour de la bulle aérienne, des souvenirs des soirées d’enfance, des débuts de la nuit, des éclats de rire, des regards échangés et perdus. Comme les choeurs que l’on croit entendre derrière deviennent aigus, nos pieds se décollent du sol. Encore, encore, encore et puis stop. Le choc est arrivé. Plus rien autour, le vide.

It Can’t Rain All The Time – Comme quelqu’un qui cherche à nous réveiller, ce sifflement éveille nos oreilles et notre curiosité. On est hapés par cet appel, les yeux fermés. Si on est traînés irrésistiblement par ce sifflement, la guitare vient progressivement nous soutenir et nous épauler, au moins on sait qu’on est pas seul. Même s’il pleut.

There Will Never Be Another One – Parce qu’après toutes ces péripéties apparaît cette évidence. Comme pour nous dire de ralentir, amorcer un atterrissage tant attendu et éviter la casse, le rythme lourd de la batterie ressemble à des pas que l’on aurait ralenti. Ne pas avoir peur, se laisser porter par toutes ces histoires, ce bagage qui fait de chacun ce que nous sommes, profiter de l’instant présent. Et parfois savoir admettre que ce que l’on cherche est sous notre nez.